L’artiste Stan Douglas encore et toujours sous le charme de l’objectif

Par Becky Rynor le 05 juin 2013

Le photographe canadien Stan Douglas a remporté le Prix de photographie Banque Scotia 2013. (De g. à d. : Brian Porter, président de la Banque Scotia ; le célèbre photographe Edward Burtynsky ; Stan Douglas, lauréat du prix de photographie Banque Scotia 2013 ; Gabe Gonda, rédacteur en chef de la section Arts et Vie du Globe and Mail. (Groupe CNW Ltée/Banque Scotia)

Stan Douglas part magasiner. Gagnant 2013 du Prix de photographie Banque Scotia, il a en poche une bourse de 50 000 $, et l’œil sur un nouveau Leica de 7000 $.

« Le Leica, c’est surtout pour faire des études ou des choses du genre », dit le photographe, cinéaste, vidéaste et artiste de 53 ans célèbre internationalement. « Il est assez léger, et je peux l’emporter un peu partout. Lorsque je crée une œuvre, c’est habituellement pas mal plus complexe. »

Le Prix de photographie Banque Scotia, qui en est à sa troisième édition, est le plus important prix d’excellence décerné par les pairs en photographie canadienne contemporaine. Choisi parmi 12 finalistes, Douglas a reçu son prix lors d’un gala à Toronto le 16 mai. Celui-ci s’accompagne d’une exposition de son travail lors du Scotiabank CONTACT Photography Festival en 2014, ainsi que d’un livre publié et distribué dans le monde entier par Steidl, l’éditeur allemand de photographie d’art.

« Il possède vraiment une vaste compréhension du rôle très complexe joué par la photographie dans la construction des comportements sociaux, dans notre appréhension apparente de l’histoire ou dans notre perception de l’information concernant l’histoire et la culture », explique Ann Thomas, membre du jury et conservatrice, Photographies, au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC). « Il construit ses récits autour de la crédibilité et de l’autorité véhiculées par la photographie. Et il est surtout un grand créateur d’images. Je le vois comme un peintre d’histoire contemporain, et comme quelqu’un qui questionne le récit historique à travers la photographie. »

Stan Douglas (photo principale), Ballantyne Pier, 18 June 1935 [Quai Ballantyne, 18 juin 1935] (2008), épreuve à développement chromogène (à jet de lumière), monté sur Dibond. 294,7 x 114,3 cm. © Stan Douglas

Quarante-neuf œuvres de Douglas figurent dans la collection permanente du MBAC. L’artiste installé à Vancouver a réalisé des films, des photographies et des installations, dont il dit qu’ils invitent le spectateur à s’interroger sur les grands thèmes abordés dans une pièce en particulier ou à les interpréter. « Cela varie d’une œuvre à l’autre, mais je laisse certains champs libres pour qu’il puisse faire appel à son imagination et la comprendre différemment, dit-il. Et tant qu’elle n’a pas pris tout son sens pour quelqu’un d’autre, l’œuvre n’est pas entièrement terminée. »

Douglas travaille aussi à l’élaboration d’applications mobiles et à l’écriture d’une pièce. Mais il est toujours à l’affût de ce que l’objectif de l’appareil photo va dévoiler de manière imprévue.

« Ce qui est fantastique avec la photographie, c’est que vous ne savez jamais exactement ce que vous allez obtenir, s’enthousiasme-t-il. C’est en quelque sorte une collaboration avec le monde réel, où certaines choses échappent à votre contrôle, car, à la différence de la peinture ou du dessin, elles ne sont pas le fruit de votre imagination. »

« Stan Douglas a contribué à définir et à enrichir l’art et la photographie de paysage canadiens par ses créations extraordinaires », affirme le photographe de renom et cofondateur du prix, Ed Burtynski. « Il a repoussé les limites de la photographie contemporaine, et continuera à exercer une influence considérable dans le domaine, ici au Canada et à l’étranger. »

Stan Douglas, Maritime Worker's Hall [Salle des marins] (2006), tirage laserchrome, monté sur aluminum, 260 x 130 cm. © Stan Douglas

Les artistes Angela Grauerholz et Robert Walker ont également été récompensés, chacun recevant une bourse de 5000 $. Née à Hambourg, en Allemagne, Grauerholz est diplômée en graphisme de la Kunstschule Alsterdamm, dans sa ville d’origine, et elle a également étudié en littérature, linguistique et beaux-arts. Son œuvre photographique a fait l’objet d’expositions à travers le monde et figure dans des collections internationales. Vivant et travaillant actuellement à Montréal, elle a reçu le prix d’excellence de l’American Federation of Arts pour le catalogue Lisette Model publié par le MBAC en 1990.

Robert Walker est connu internationalement pour son parcours l’ayant mené de la peinture abstraite à la photographie, qu’il pratique également sous l’angle de l’abstraction. Après des études en beaux-arts à l’Université Sir George Williams à Montréal, Walker s’intéresse à la photographie de rue, et évolue pendant plus de 30 ans dans des environnements urbains denses. Il tourne ensuite son objectif vers la nature et les fleurs, comme vecteur d’exploration des limites de la photographie.


Par Becky Rynor| 05 juin 2013
Catégories :  Artistes

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Basée à Ottawa, Becky Rynor est journaliste et rédactrice en chef.

 

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