Duane Linklater remporte le Prix artistique Sobey 2013

Par Robyn Jeffrey le 21 octobre 2013

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La conservatrice du Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse, Sarah Fillmore, et la lauréate des Prix artistiques Sobey 2012, Raphaëlle de Groot, félicitent Duane Linklater. Photo :  Steve Farmer. Avec l’autorisation du Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse

« Un mélange de surprise et de bonheur », voilà comment Duane Linklater a décrit sa réaction lorsqu’il a su qu’il avait remporté le Prix artistique Sobey 2013. « Je suis très honoré d’avoir franchi toutes les étapes – longue liste, courte liste et finalement gagnant de 2013 », se réjouit-il dans une entrevue deux jours après la grande annonce.

D’une valeur de 50 000 $, le Prix artistique Sobey est un prix phare de l’art contemporain au Canada. Décerné tous les ans à un Canadien de 40 ans et moins pour l’ensemble de sa production artistique, il a été remis cette année à Linklater pour son œuvre d’une portée et d’une pertinence exceptionnelles.

Artiste cri omaskêko de la Première Nation crie de Moose, Duane Linklater vit à North Bay, en Ontario. Dans son travail, il décortique souvent les notions de paternité et de récit, le pouvoir de la langue et l’identité autochtone, offrant ce que le jury des conservateurs a appelé « des positions rafraîchissantes sur la vie contemporaine ». Artiste multidisciplinaire, il crée aussi bien des films et des vidéos que des installations propres à des lieux, des performances, des photos et des objets sculpturaux. 

L’un de ces objets, Tautology, fait partie de l’exposition du Prix artistique Sobey 2013 actuellement à l’affiche au Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse. Tautology est une série d’oiseaux intrépides en néon, une image que Linklater affirme s’être « approprié » du tableau de Norval MorrisseauAndrogyny.

« J’ai découvert cette toile à la télévision, quand j’ai écouté l’actualité politique de Rideau Hall où elle a été accrochée jusqu’à l’été dernier. J’ai pensé que ce peintre avait un endroit très intéressant et compliqué pour son tableau. » Tautology explore les notions de répétition, de rituel, d’emblème et de symbole, mais il est aussi un clin d’œil aux choses qui « se perdent dans la conversion » et à « l’idée que les tautologies sont produites par des problèmes de conversion », ajoute l’artiste.

Morrisseau n’est cependant pas le seul à avoir influencé la pratique de Linklater. «  Là où j’ai grandi,  dans le nord de l’Ontario, ma mère avait plusieurs estampes dans la maison. L’une d’elles, qui m’a toujours marqué, est Learning de Benjamin Chee Chee », explique-t-il en évoquant cette image emblématique d’oies canadiennes.

La galerie Susan Hobbs de Toronto a récemment présenté une exposition de Linklater justement intitulée Learning. Selon lui, les œuvres renvoyaient à des aspects de son moi d’adolescent et s’attachaient à comprendre « comment une personne peut très jeune construire son moi ». Par exemple, Je me souviens, une sorte de distique photographique, est une juxtaposition des images du warrior d’Oka Richard Nicholas et de Kurt Cobain, de Nirvana – des images accrochées aux murs de sa chambre d’adolescent qui, dit-il, « sont ancrées dans la tragédie ».

Quel que soit le lieu d’exposition de ses œuvres, Linklater propose souvent des interventions stimulantes et uniques en leur genre. En 2012, il a planté 12 framboisiers à la galerie Family Business, à New York. Le résultat, (Untitled) A raspberry garden for 21st Street [(Sans titre) Jardin de framboises pour la 21e rue] explore « l’idée des baies vues comme des êtres animés », précise-t-il – quelque chose qui lui vient de sa langue et de sa culture cries.

Linklater expose actuellement un peu partout au Canada. Et bien qu’il hésite à lever le voile sur son travail en cours, il laisse entendre qu’il pourrait revenir sur d’anciens projets tout en innovant. De toute évidence, l’artiste est emballé par ces perspectives. Et nous aussi. 

Les œuvres de Duane Linklater sont actuellement présentées à l’exposition des Prix artistiques Sobey 2013 du Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse, au Musée d’art contemporain de Montréal dans Beat Nation : art, hip-hop et culture autochtone et à l’Esker Foundation, à Calgary, dans Fiction/Non-fiction. Le Musée des beaux-arts de l'Ontario présentera à partir du 26 octobre 2013 Modest Livelihood, un film réalisé en collaboration avec Brian Jungen.

Pour de plus amples renseignements sur les autres finalistes du Prix artistique Sobey 2013, cliquez ici.


Par Robyn Jeffrey| 21 octobre 2013
Catégories :  Artistes

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Robyn Jeffrey, écrivaine et réviseure, habite Wakefield, au Québec.

 

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