Le questionnaire de Proust : Eric Cameron

Par Équipe Magazine MBAC le 10 février 2014

Faire défiler pour voir les œuvres d'art d'Eric Cameron dans la collection permanente du Musée des beaux-arts du Canada.

Le questionnaire de Proust est au départ un jeu populaire à la fin de l’époque victorienne, conçu pour révéler des aspects clés du caractère d’une personne. L’auteur Marcel Proust, encore adolescent, répond à une suite de questions semblables avec un tel enthousiasme que, lors de la découverte en 1924 de ses réponses originales, son nom devient associé de façon permanente à ce type d’entrevue informelle.  

ERIC CAMERON

Photo © Université de Calgary

Né à Leicester, en Angleterre, Eric Cameron est peintre, vidéaste, universitaire et professeur. Il étudie la peinture au King’s College de la University of Durham à Newcastle-Upon-Tyne, et l’histoire de l’art au Courtauld Institute à Londres. Il commence à enseigner à la University of Leeds en 1959, avant de s’installer au Canada. Il enseigne à la University of Guelph, au Nova Scotia College of Art and Design et au département d’art de la University of Calgary, où il exerce toujours aujourd’hui. Il écrit fréquemment pour des publications telles Artforum, Vie des Arts et Art Journal, en plus de publier divers livres et essais comme Bent Axis Approach (1984) et English Roots (2001).

Cameron commence ses peintures épaisses avec Coup de pinceau à Halifax (1979). Cette technique consiste à appliquer des milliers de couches de gesso acrylique sur des objets usuels, jusqu’à ce que l’œuvre soit achetée ou que Cameron soit physiquement empêché de continuer. Il est aussi reconnu pour ses Peintures-processus, comme Rouges et jaunes sur vert, dans lesquelles il compose, avec du ruban gommé, des grilles qu’il peint ensuite.

En 1994, Cameron reçoit les prix Victor-Martyn-Lynch-Staunton et Gershon Iskowitz. En 2004, il est lauréat du prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques. Il est membre de l’Académie royale des arts du Canada.

*


Mon premier souvenir de l’art :

À la maison, à Leicester, en Angleterre, mes parents avaient des gravures accrochées au mur. Je me souviens très bien de l’une d’elles, The Toast [Le toast], de Richard Jack, membre de la Royal Academy.

Le moment où j’ai su ce que serait ma vocation :

Quand j’ai échoué à l’examen de grec à l’école secondaire. C’était en 1950, et j’avais environ 15 ans.

Ma plus grande influence :

Il y en a deux.

D’abord, mon professeur d’art à la Durham Johnston Grammar School, William Lynn Miller. Il peignait de magnifiques paysages fluides à l’aquarelle, que je savais ne jamais pouvoir égaler. Il m’a cependant encouragé à suivre ma propre voie.

Ensuite, mon directeur de département au King’s College, à Newcastle, où je faisais mon baccalauréat en art. Il peignait, d’une façon peut-être encore plus magistrale, de superbes portraits, et je me suis vite aperçu que je n’atteindrais pas ce niveau. Mais il travaillait avec de très petites touches de couleurs, que nous, les étudiants, avions tendance à exagérer, ouvrant la porte à l’abstraction.

L’occupation que j’aurais choisie (autre que les arts) :

Jusqu’à mon échec en grec, je voulais enseigner les lettres classiques.

Mon loisir préféré (autre que les arts) :

Regarder la télévision.

Mon peintre préféré :

Sans doute Titien; et aussi Vermeer (sur qui Lawrence Gowing a publié un superbe livre l’année même où je commençais mes études au King’s.)

Mon auteur(e) et musicien(ne)/compositeur(rice) préféré(e) :

Auteur : les auteurs/traducteurs de la Bible du roi Jacques. Compositeur : Schönberg.

La couleur, la fleur et l’oiseau que je préfère :

Pour la couleur, probablement le rouge, un rouge écarlate. Pour ce qui est des oiseaux et des fleurs, je ne suis pas fixé.

L’aliment et la boisson que je préfère :

Dans les deux cas, mes goûts sont très anglais : tourte à la viande de bœuf et aux rognons, arrosée d’une bière amère à la tireuse.

L’odeur et le son que je préfère :

Odeur : celle de la tourte à la viande de bœuf et aux rognons. Je n’ai pas a priori de son préféré.

L’objet que je préfère :

La cathédrale de Durham entre-t-elle dans la catégorie « objet » ?

L’environnement ou le paysage que je préfère :

Skipton, dans le North Yorkshire.

Le temps ou la saison que je préfère :

Sans doute le printemps.

L’expression, la formule, le proverbe ou le mot que je préfère :

Je me rappelle avoir dit une fois à quelqu’un que mon mot favori était « bruine », mais je ne sais plus si c’était sérieux ou non.

Ma bête noire :

Aucune ne me vient à l’esprit en ce moment.

Ma meilleure qualité :

Je dirais le fait d’avoir la mémoire courte : être incapable de me souvenir de ce qu’était ma bête noire pas plus tard qu’hier.

Mon pire défaut :

Je dirais... le fait d’avoir la mémoire courte.

Ma définition du bonheur :

Pour l’essentiel, j’arrive à apprécier la vie sans besoin d’en avoir une.

L’endroit où je désirerais vivre :

À Skipton, dans le North Yorkshire.

Un rêve récurrent :

J’en ai deux : être perdu, et être en retard.

Un souhait :

Avoir corrigé tous les dessins de mon cours de jeudi avant le jeudi suivant.

Ce que je veux faire avant de mourir :

Je n’ai pas de grandes aspirations. Et c’est peut-être la clé de mon type de joie de vivre.

L’art pour moi, c’est :

La réponse qui me vient spontanément à l’esprit est la réplique de Paul Douglas dans le rôle-titre du film Joe Macbeth : « Pour moi, Art c’est juste le prénom d’un gars. »

*


Par Équipe Magazine MBAC| 10 février 2014
Catégories :  Artistes

À propos de l’auteur(e)

Équipe Magazine MBAC

Équipe Magazine MBAC

Partagez cette page

Ajouter un commentaire

Commentaire

HTML autorisé : <b>, <i>, <u>

Commentaires

© 2013 Le Musée des beaux-arts du Canada. Tous droits réservés.

 2014