Le questionnaire de Proust : Freeman Patterson

Par Équipe Magazine MBAC le 09 décembre 2013

Faire défiler pour voir les œuvres de Freeman Patterson dans la collection permanente du Musée des beaux-arts du Canada.

Le questionnaire de Proust est au départ un jeu populaire à la fin de l’époque victorienne, conçu pour révéler des aspects clés du caractère d’une personne. L’auteur Marcel Proust, encore adolescent, répond à une suite de questions semblables avec un tel enthousiasme que, lors de la découverte en 1924 de ses réponses originales, son nom devient associé de façon permanente à ce type d’entrevue informelle.

FREEMAN PATTERSON

Photo © Leonard Segall

Freeman Patterson passe son enfance dans la campagne néo-brunswickoise où il fréquente des écoles à classe unique, puis fait ses études à l’Acadia University à Wolfville, en Nouvelle-Écosse. De 1962 à 1965, il occupe le poste de doyen des études religieuses à l’Alberta College d’Edmonton, et commence aussi à faire de la photographie.

Il déménage à Toronto en 1966 et travaille pendant un an au Berkeley Studio, la maison de production de photographies et de films de l’Église Unie du Canada. Pendant ce temps et jusqu’à la fin des années 1970, Freeman remplit de nombreuses missions photographiques pour le compte de l’Office national du film du Canada.

Il retourne au Nouveau-Brunswick en 1973 pour se consacrer à ses intérêts artistiques personnels et fonder un atelier de photographie et de design visuel. Il y enseigne chaque année, ainsi qu’en Afrique australe, à compter de 1984, où il participe à la fondation des Namaqualand Photographic Workshops. Il donne également de nombreux ateliers aux États-Unis, en Israël, en Nouvelle-Zélande et en Australie.

Patterson a écrit et illustré quatre livres didactiques sur la photographie et le design visuel, ainsi que deux autres en collaboration. En 1996, il lance un CD-ROM intitulé Creating Pictures: A Visual Design Workshop et une importante rétrospective de textes et de photographies, ShadowLight:  A Photographer's Life. Elle est suivie en 1998 par Odysseys: Meditations and Thoughts For A Life's Journey, puis en 2003, par The Garden. Freeman collabore également à divers magazines et à CBC radio, et il fait l’objet de reportages télévisés au réseau anglais de Radio-Canada, à Man Alive, Sunday Arts And Entertainment et Adrienne Clarkson Presents. Il est fait membre de l’Ordre du Canada en 1985 et membre de l'Ordre du Nouveau-Brunswick en 2013.

Freeman Patterson vit à Shamper’s Bluff, au Nouveau-Brunswick, près de la maison de son enfance. Ex-administrateur de Conservation de la nature Canada, il a fait don de sa propriété de Shamper’s Bluff à l’organisme pour en faire une réserve écologique et un espace éducatif.

*

Mon premier souvenir de l’art :

Notre arbre de Noël

Le moment où j’ai su ce que serait ma vocation :

Je n’en ai été certain qu’après avoir terminé ma maîtrise (théologie) et avoir enseigné pendant deux ans (religions du monde, philosophie).

Ma plus grande influence :

Ma mère, une agricultrice extrêmement travailleuse qui a attiré mon attention sur les courbes des herbes soufflées par le vent et l'éclair soudain de la lumière jouant sur les ailes des oiseaux quand une volée change tout à coup de direction.

L’occupation que j’aurais choisie (autre que les arts) :

Sans doute professeur d’université, ce qui aurait été une erreur.

Mon loisir préféré (autre que les arts) :

La lecture (particulièrement la psychologie des profondeurs, l’importance des rêves, les implications de la physique quantique sur la vie et l’esprit, ainsi que les romans) et le jardinage (surtout les rhododendrons, les azalées et les plantes autochtones).

Mon artiste préféré :

Jackson Pollock

Mon auteur préféré : le romancier sud-africain André Brink et mon musicien/compositeur préféré : J.S. Bach

La couleur que je préfère : la plupart des couleurs secondaires désaturées La fleur que je préfère : les rhododendrons et les azalées L’oiseau que je préfère : j’aime tous les oiseaux !

L’aliment que je préfère : les légumes La boisson que je préfère : un bon Cabernet Sauvignon ou un Malbec

L’odeur que je préfère : celle de l'azalée à feuilles caduques Le son que je préfère : le silence absolu (dans toute sa complexité)

L’objet que je préfère :

Les tissages ou les textures naturels (peu importe le matériau), et les rochers

L’environnement ou le paysage que je préfère :

Les déserts rocheux (chauds ou froids) et la toundra

Le temps ou la saison que je préfère :

Le printemps

L’expression, la formule, le proverbe ou le mot que je préfère :

Le meilleur point pour observer le monde est l’endroit où vous êtes.

Ma bête noire :

Une langue et un design visuel de mauvaise qualité ! Ou plutôt, une bonne composition est selon moi essentielle à une expression efficace.

Ma meilleure qualité :

Un sentiment d’émerveillement

Mon pire défaut :

Une tendance à avoir les yeux plus grands que le ventre.

Ma définition du bonheur :

Être entièrement présent, peu importe où je suis.

L’endroit où je désirerais vivre :

Partout où on permet à la nature d’être elle-même.

Un rêve récurrent :

Je me débats dans la neige jusqu’à la taille jusqu’à ce que des fleurs émergent et tapissent les pentes recouvertes de blanche froideur.

Un souhait :

Que mon jardin forestier de 700 rhododendrons et azalées passe l’hiver sans trop de dommages.

Ce que je veux faire avant de mourir :

Passer beaucoup de temps à travailler à partir de rêves, parler français couramment et continuer mes longs séjours réguliers en Afrique du Sud et en Nouvelle-Zélande.

L’art pour moi, c’est :

Raconter notre histoire en symboles.

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Par Équipe Magazine MBAC| 09 décembre 2013
Catégories :  Artistes

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