Le questionnaire de Proust : Jimmie Durham

Par Équipe Magazine MBAC le 07 juillet 2014

Le questionnaire de Proust est au départ un jeu populaire à la fin de l’époque victorienne, conçu pour révéler des aspects clés du caractère d’une personne. L’auteur Marcel Proust, encore adolescent, répond à une suite de questions semblables avec un tel enthousiasme que, lors de la découverte en 1924 de ses réponses originales, son nom devient associé de façon permanente à ce type d’entrevue informelle.

JIMMIE DURHAM

Photo : jef byttebier/het pakt

Jimmie Durham est un essayiste, poète et sculpteur d’origine américaine. Au fil des ans, l’artiste, engagé politiquement, a beaucoup travaillé au sein du mouvement des droits civiques aux É.-U. et pour le mouvement indien américain, ainsi qu’auprès d’autres organismes voués à la défense des droits des peuples autochtones.

Sa première exposition individuelle a lieu à Austin, au Texas, en 1968, et l’année suivante il s’installe à Genève, en Suisse, pour y étudier l’art. Au début des années 1980, il vit à New York, où il crée des sculptures aussi déjantées que pleines d’esprit, qui défient toutes les représentations traditionnelles des Premières nations d’Amérique du Nord.

En 1987, Durham part pour Cuernavaca, au Mexique, et il continue d’exposer abondamment, tout en publiant recueils de poésie et essais. En 1994, il déménage à nouveau, pour s’établir en Europe, où il demeure encore aujourd’hui.

Au cours des 30 dernières années, l’œuvre de Durham a été présentée lors de manifestations prestigieuses comme la Biennale du Whitney, documenta (9), documenta (13) et la Biennale de Venise, et était représentée en 2013 dans l’exposition d’envergure Sakahan. Art indigène international au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC). Il a également été commissaire d’un grand nombre d’expositions, dont The American West, charge contre la mythologie traditionnelle des cow-boys et des Indiens. 

La plupart des œuvres de Durham combinent objets récupérés et constructions sculpturales avec un texte invitant chacun à réagir de manière éminemment personnelle. Son travail figure dans des collections publiques et privées du monde entier, dont celle du MBAC, ainsi que dans des espaces publics comme sur les rives de la Loire à Indre, en France, qui accueille sa Serpentine rouge depuis 2009.

*

Mon premier souvenir de l’art :

Enfant, je fabriquais des choses : jouets, outils, pièges, lance-pierres. Mais mon premier souvenir de l’art date de plus tard, quand j’avais environ 25 ans. C’était une exposition de Claes Oldenburg.

Le moment où j’ai su ce que serait ma vocation :

Je n’ai jamais vraiment eu conscience d’être artiste. J’écris de la poésie et de la prose, je chante quand je bois trop.

Ma plus grande influence :

Maria Thereza Alves, sans aucun doute. Nous sommes ensemble depuis 1978, et nous échangeons et travaillons ensemble tout le temps. Elle est perspicace et critique.

L’occupation que j’aurais choisie (autre que les arts) :

Je n’ai aucune formation scolaire, et n’ai jamais eu la chance d’en avoir une. Mais si j’avais pu, j’aurais aimé être biologiste, écologue.

Mon loisir préféré (autre que les arts) :

Je suis un inconditionnel du jardinage.

Mon artiste préféré :

Mon artiste préférée est vraiment Maria Thereza Alves.

Mon auteur(e) et musicien(ne)/compositeur(rice) préféré(e) :

Mon auteur préféré est Italo Calvino. Mon musicien préféré est parfois Nusrat Fati Ali Khan, parfois Ali Farka Touré.

La couleur, la fleur et l’oiseau que je préfère : 

Le maïs, sous toutes ses formes, mais sans doute surtout concassé et bouilli. Couleur : rouge. Oiseau : le rouge-gorge quand je suis en Europe, le colibri en Amérique.

L’aliment et la boisson que je préfère :

Aliment et boisson que je préfère... impossible à dire. Tout dépend du moment de la journée.

L’odeur et le son que je préfère :

C’est pareil pour l’odeur et le son. Mais j’ai aujourd’hui encore en tête le son lointain d’un train de marchandises quand, enfant, j’étais sur le point de m’endormir.

L’objet que je préfère :

Je ne peux imaginer un objet préféré. J’en ai plein, et je les adore tous.

L’environnement ou le paysage que je préfère :

C’est sans doute la même chose pour les environnements. Et encore plus pour les mots ; je les aime dans n’importe quelle langue, et ne les prends pas autant au sérieux qu’ils le requièrent.

Ma bête noire :

Je n’aime pas les gens qui ne ramassent pas leurs déchets.

Ma définition du bonheur :

Je ne me connais pas assez pour véritablement savoir ce qui serait bon ou mauvais, alors je pense très peu au bonheur.

L’endroit où je désirerais vivre :

J’adore vivre sur cette planète, et je me considère comme très chanceux.

Un rêve récurrent :

Un rêve récurrent est celui d’un endroit vraiment bizarre, avec de l’eau, des créatures, des environnements humains qui semblent presque familiers.

Un souhait :

J’aimerais avoir moins de douleurs physiques.

Ce que je veux faire avant de mourir :

J’aimerais rester en vie.

L’art pour moi, c’est :

Pour moi, l’art est aux antipodes de toute définition.

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Par Équipe Magazine MBAC| 07 juillet 2014
Catégories :  Artistes

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