7: Professional Native Indian Artists Inc. à la MacKenzie Art Gallery

Par Équipe du magazine du MBAC le 04 décembre 2013


Daphne Odjig, Vision (1975), acrylique et mine de plomb sur papier vélin ivoire, 61 x 51 cm. MBAC

Regroupant plus d’une centaine d’œuvres provenant de collections publiques et privées, l’exposition de la MacKenzie Art Gallery de Regina, 7: Professional Native Indian Artists Inc. est une occasion unique d’admirer plusieurs chefs-d’œuvre de l’« autre Groupe des Sept » canadien dont beaucoup n’ont pas été exposés depuis des années.

Le titre de l’exposition est celui d’un groupe influent fondé par sept artistes autochtones au début des années 1970, Professional Native Indian Artists Incorporated (PNIAI). Le but de leur initiative était de donner à leur travail une visibilité méritée au sein de l’art contemporain canadien et d’éviter que celui-ci ne soit catalogué comme de l’« art autochtone ». Depuis sa création officielle en 1974, PNIA a souvent été ironiquement appelé le « Groupe des Sept Indiens ».

Au début des années 1970, Alex Janvier était un artiste reconnu qui poursuivait une carrière prometteuse tout en étant pleinement conscient du combat que devaient livrer les artistes des Premières Nations du Canada. Le groupe qu’il fonde avec Jackson Beardy, Eddy Cobiness, Norval Morrisseau, Daphne Odjig, Carl Ray et Joseph Sanchez organise donc des expositions collectives qui joueront un rôle primordial non seulement dans la remise en question des préjugés sur l’art autochtone, mais aussi dans la sensibilisation aux problèmes vécus quotidiennement par les autochtones tels que la colonisation, l’exclusion ou la marginalisation.

Plusieurs dizaines d’années plus tard, les membres de ce collectif novateur sont à nouveau réunis dans une exposition d’œuvres déterminantes peintes à partir des années 1970. Toutes illustrent à la fois leurs différences individuelles et l’avant-gardisme de leur travail – tant hier qu’aujourd’hui.

Alex Janvier explique à Magazine MBAC qu’il a vu l’exposition de la MacKenzie Art Gallery comme il aurait vu plein de vieux amis réunis dans une même pièce : « J’ai eu l’impression de rentrer chez moi.  L’exposition est tellement belle. Ce qui m’a le plus surpris, c’est que je n’ai pas vu beaucoup de toiles peintes après 1974 par les autres membres. C’était comme si je vivais quelque chose d’extraordinaire. J’avais beau connaître, c’était plein de surprises. On pouvait voir l’évolution de plusieurs. »

Alex Janvier aime aussi le cachet politique que l’exposition a su préserver : « Elle montre le début du combat des artistes autochtones. La nécessité nous a fait réagir. Et c’est devenu un mouvement important. »

« Voilà pourquoi ils ont lutté, affirme la conservatrice Michelle LaVallee à Magazine MBAC. Pour une jeune conservatrice anishnaabe comme moi, c’est une partie importante de mon histoire. C’est une partie importante de l’histoire canadienne. Je crois vraiment que je n’en serais pas où j’en suis aujourd’hui si ces sept artistes et leurs contemporains n’avaient pas lutté comme ils l’ont fait à cette époque. » 

Les membres de PNIAI se sont perdus de vue à partir de 1976, lorsque Daphne Odjig a vendu sa galerie et quitté Winnipeg pour s’installer à Anglemont (C.-B.). Les expositions se sont espacées à mesure que les membres poursuivaient leurs projets personnels. Pourtant, PNIAI est toujours vu comme l’une des alliances artistiques les plus importantes du Canada.

« Elle a été créée parce que rien d’autre ne se faisait, précise Greg Hill, conservateur de l’art indigène au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC). Ces artistes voulaient avoir accès aux musées et y exposer leurs œuvres, être connus, et ils n’avaient aucun moyen d’y arriver. Ils ont donc pris l’initiative d’organiser leurs propres expositions et d’acquérir leur expérience. »

Selon Michelle LaVallee, l’exposition « explore une histoire commune » qui continue à s’écrire. « Je pourrais dire que nous luttons encore d’une certain façon contre les restrictions et les définitions associées aux peoples autochtones et à l’art autochtone, et contre l’idée de ce que l’art autochtone devrait ou ne devrait pas être. » 

Plusieurs œuvres ont été prêtées par le MBAC, dont L’arrivée du contraire d’Alex Janvier, Binay-sih et Ja-Ka-Byash est piégé de Carl Ray, Big One and the Bad Medicine Woman et Vision de Daphne Odjig, Le faiseur de pluie d’Eddy Cobiness et L'artiste s'unit à la terre-mère de Norval Morrisseau.

7: Professional Native Indian Artists Inc. est présentée à la MacKenzie Art Gallery de Regina jusqu’au 12 janvier 2014.


Par Équipe du magazine du MBAC| 04 décembre 2013
Catégories :  Correspondants

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