Impressions de la maison : Rockwell Kent et Pam Hall à The Rooms Provincial Art Gallery

Par Ariana Armstrong le 12 août 2014

  

Rockwell Kent (Américain, 1882–1971), Masthead [Tête de mât], 1926, gravure sur bois sur papier. Courtoisie du Plattsburgh State Art Museum, SUNY Plattsburgh, N.Y., É.-U. Collection Rockwell Kent, don de Sally Kent Gorton, X1978.1.8. Reproduction : courtoisie du Plattsburgh State Art Museum, SUNY Plattsburgh, N.Y., É.-U. Collection Rockwell Kent, legs de Sally Kent Gorton. Tous droits réservés

Pour bien des gens, la maison est un endroit bien spécial. Travaillant à Terre-Neuve, à 100 ans d’intervalle, les artistes Rockwell Kent (1882–1971) et Pam Hall (1951–) sont la preuve éclatante de l’impression que peut laisser sa maison sur quelqu’un. 

Deux expositions indépendantes ayant cours présentement à The Rooms Provincial Art Gallery, à St. John’s, Terre-Neuve, explorent les œuvres de Kent et Hall alors qu’ils considéraient Terre-Neuve comme leur maison : Pointed North: Rockwell Kent in Newfoundland & Labrador [Direction Nord : Rockwell Kent à Terre-Neuve-et-Labrador] et Pam Hall: HouseWork(s) [Pam Hall : Ménage(s)]. Bien que ces deux expositions présentent des artistes bien distincts, toutes deux révèlent cette maison comme source d’inspiration.  

Le séjour de Kent à Terre-Neuve – 1914 à 1915 –, quoique bref, a profondément influencé son travail. « Le temps qu’il a passé à travailler à Terre-Neuve était une expérience », dit Caroline Stone, qui a organisé l’exposition Kent à The Rooms avant de prendre sa retraite de la galerie d’art. « À l’époque, il expérimentait le modernisme et le symbolisme dans ses peintures, ce qui était une anomalie pour lui à son retour en Amérique. »


 

Rockwell Kent (Américain, 1882–1971), The House of Dread [La maison de l’effroi], c. 1914–1917, huile sur toile. Courtoisie du Plattsburgh State Art Museum, SUNY Plattsburgh, N.Y., É.-U. Collection Rockwell Kent, don de Sally Kent Gorton, X1978.1.8. Reproduction : courtoisie du Plattsburgh State Art Museum, SUNY Plattsburgh, N.Y., É.-U. Collection Rockwell Kent, legs de Sally Kent Gorton. Tous droits réservés

Exploration de l’influence de Terre-Neuve sur le style artistique de l’Américain, l’exposition met en scène une variété de tableaux créés par Kent alors qu’il habitait Terre-Neuve. L’un d’eux, The House of Dread [La maison de l’effroi] (c. 1914–1917), ne fait aucun doute sur l’impact qu’a eu sur sa vie la maison de Kent à Brigus, Terre-Neuve. La peinture montre un personnage masculin nu, debout au bord d’une falaise à côté de la maison de Kent – maintenant site patrimonial connu sous le nom de Kent Cottage –, et un personnage féminin penché à la fenêtre du dernier étage. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une représentation littérale de la maison de Kent ni de son environnement géographique, l’œuvre, sombre, attire à elle le spectateur. « Il y a un drame en jeu », précise Mme Stone. Kent la décrira plus tard comme un commentaire sur son mariage.   

En combinant esquisses au crayon, peintures à l’huile, gravures sur bois, céramiques, livres, timbres et la pochette d’un album, l’exposition Rockwell Kent donne une vue d’ensemble sur le travail de Kent pendant et après son séjour à Terre-Neuve. « C’était un touche-à-tout talentueux  qui avait un tas d’idées », ajoute Caroline Stone. « Une vie fascinante. »

Faisons un bond en avant de 100 ans à partir du séjour de Kent à Brigus jusqu’à un autre artiste venu d’ailleurs, qui vit aujourd’hui à Terre-Neuve, quelqu’un que la maison a inspiré d’une tout autre façon. L’exposition HouseWork(s) [Ménage(s)] se veut la vitrine des descriptions de la maison et du foyer de l’artiste canadienne Pam Hall. L’événement, qui embrasse la dernière décennie du travail de Hall, explore les implications de la domesticité dans la vie des femmes.


 

Pam Hall, The History House [La maison de l’histoire], 2008, médias mixtes, tissus de mémoire, supports de bamboo, 243 x 243 x 366 cm (variable). Photo : Ned Pratt

L’exposition multimédia présente aux visiteurs la maison sous toutes ses formes – littéralement. Les spectateurs sont accueillis par des maisons qui pendent du plafond, qui sont posées sur des étalages ou montées sur des murs. Les œuvres mettent les publics au défi de considérer ces maisons comme des lieux d’histoire, de savoir, de travail et de prière. L’exposition sollicite aussi physiquement les visiteurs en les invitant à entrer, à traverser et, dans plusieurs cas, à toucher délicatement les installations.  

« L’exposition en est une de découverte et de remise en question des sortes de choses que nous tenons pour acquises », dit la conservatrice Melinda Pinfold, Ph. D., professeure à l’Université de l’Alberta. The Work House [L’atelier] (2014) en est probablement le meilleur exemple. Entièrement conçu de tabliers, The Work House reconnaît l’entretien ménager en tant que forme traditionnelle du travail des femmes et rappelle aux visiteurs l’intense labeur manuel associé aux tâches domestiques. The Work House était à l’origine une représentation durant laquelle Hall et deux autres artistes passaient quatre heures par jour à coudre des tabliers sur les pans de la maison.


Pam Hall, The Work House [L'atelier] (détail), 2014, nylon, tabliers, fil, supports de bamboo, 243 x 243 x 366 cm (variable). Photo : Ned Pratt

Pointed North [Direction Nord] et HouseWork(s) [Ménage(s)] présentent deux artistes très différents qui ont au moins une chose en commun : un sens aigü du lieu.

Pam Hall : HouseWork(s) [Pam Hall : Ménage(s)] est à l’affiche à la galerie d’art The Rooms à St.John's, Terre-Neuve, jusqu’au 7 septembre 2014, et Pointed North : Rockwell Kent in Newfoundland & Labrador [Direction Nord : Rockwell Kent à Terre-Neuve-et-Labrador], jusqu’au 21 septembre. Cliquer ici pour plus d’information.


Par Ariana Armstrong| 12 août 2014
Catégories :  Correspondants

À propos de l’auteur(e)

Ariana Armstrong

Ariana Armstrong

Ariana Armstrong possède un baccalauréat avec mention en affaires publiques et gestion de politique, et est actuellement en deuxième année de maîtrise en journalisme à l’Université Carleton. Elle a été stagiaire au magazine Muse et à Global National avant de rejoindre Magazine MBAC.

Partagez cette page

Ajouter un commentaire

Commentaire

HTML autorisé : <b>, <i>, <u>

Commentaires

© 2013 Le Musée des beaux-arts du Canada. Tous droits réservés.

 2014