Of Heaven and Earth: 500 Years of Italian Painting from Glasgow Museums à l'AGA

Par Shawna Lemay le 08 janvier 2014

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Titien (Tiziano Vecellio), Le Christ et la femme adultère (v. 1508–1510), huile sur toile, 139,2 x 181,7 cm. Glasgow Museums, legs d’Archibald McLellan, 1856 (181). © CSG CIC Collection des Glasgow Museums. Avec l’autorisation de l’American Federation of Arts

Les visiteurs de l’Art Gallery of Alberta (AGA) sont choyés cet hiver avec Of Heaven and Earth: 500 Years of Italian Painting from Glasgow Museums [Du Paradis et de la Terre. Cinq cents ans de peinture italienne des musées de Glasgow]. L’AGA est le seul musée canadien du circuit international de cette exposition qui suit l’évolution de la peinture italienne sur cinq siècles, de la fin du Moyen Âge au XIXe siècle. Réunissant 41 œuvres de 35 artistes aussi prestigieux que Titien, Botticelli, Bellini et d’autres, Of Heaven and Earth met en valeur de nombreux centres artistiques de premier rang tels que Venise, Naples, Florence et Rome.

Un panneau exquis peint par Niccolò di Buonaccorso représentant Saint Laurent tenant un gril accueille les visiteurs à l’entrée. À ses côtés, le texte attire l’attention sur les sections endommagées de la peinture ainsi que sur celles où la feuille d’or s’est dégradée, rendant l’historique de l’œuvre aussi passionnant que la scène elle-même – ce qui est d’ailleurs le cas de quantité d’œuvres de cette exposition aussi agréablement rythmée qu’élégamment équilibrée.

L’Annonciation de Botticelli captive au premier regard. L’œil suit les rayons dorés qui émanent de l’archange empressé et touchent la Vierge humblement inclinée avant de revenir vers lui, survolant le drapé vibrant et Les ailes gris pâle. Il serait facile d’ignorer les incongruités architecturales, qui pourraient témoigner de la main d’un assistant de l’atelier et expliquer pourquoi Archibald McLellan, donateur de la moitié des œuvres de cette exposition, a enregistré cette œuvre comme une copie.

La pièce maîtresse de l’exposition, Le Christ et la femme adultère de Titien, possède aussi un historique fascinant. À l’origine, la toile était plus large de 50 centimètres et présentait une figure masculine pleine grandeur qui a plus tard été découpée, sans doute car elle était endommagée. En 1971, soit un siècle après l’acquisition de la toile existante, les Glasgow Museums ont obtenu un fragment préservé de la section retranchée, intitulée Tête d’homme. 

Autre détail : bien que l’œuvre ait longtemps été attribuée à Giorgione, des recherches récentes ont révélé qu’elle avait été peinte par Titien au début de sa carrière, quand il n’avait que 20 ans. Et si le drame de cette toile fascine, il n’occulte en rien la virtuosité technique du jeune Titien. Le Musée des beaux-arts du Canada possède d’ailleurs un Titien à l’historique similaire.

D’autres œuvres d’illustres maîtres anciens raviront les visiteurs. La Salomé de Carlo Dolci est une interprétation édulcorée de la scène classique : la tête sur le plateau est délicatement enveloppée dans du tissu, et les gouttes de sang pourraient à tort être lues comme un motif décoratif. La Vierge et l’Enfant de Giovanni Bellini offre une vision calme et réconfortante, et le texte d’accompagnement insiste sur l’état de détérioration de l’œuvre : plusieurs sections sont devenues transparentes et d’autres ont été repeintes, mais celle-ci demeure éblouissante.

Tout aussi séduisants sont les joyaux des XVIIIe et XIXe siècles. La dernière section de l’exposition regroupe plusieurs œuvres délicieuses dont Le professeur de violon, une peinture de genre de Federico Andreotti où le regard expressif et la bouche ouverte du sujet, de même que le geste de la main tenant l’archet, laissent l’observateur suspendu à d’imminentes directives. Le tableau peint par Luigi da Rios qui met en scène deux Vénitiennes penchées sur un parapet fixant intensément quelque chose en-dehors du cadre procure le même ravissement. Les écharpes et les châles aux couleurs éclatantes sont aussi ensorcelants que les couvre-chefs et les couronnes des œuvres du reste de l’exposition.

Les visiteurs attirés par des noms tels que Botticelli et Bellini seront heureux de voir que l’exposition tient sa promesse de peintures célestes. Ils seront tout aussi charmés par les œuvres plus terre-à-terre. En plus d’être une façon attrayante de passer une après-midi d’hiver, Of Heaven and Earth offre aux amateurs de musées d’Edmonton une rare occasion d’admirer 500 ans de peinture italienne à son meilleur.

Of Heaven and Earth: 500 Years of Italian Painting from Glasgow Museums est à l’affiche à l’AGA jusqu’au 9 mars 2014. Pour de plus amples renseignements, cliquez ici.


Par Shawna Lemay| 08 janvier 2014
Catégories :  Correspondants

À propos de l’auteur(e)

Shawna Lemay

Shawna Lemay

La poète et essayiste Shawna Lemay vit à Edmonton et s’intéresse à la contrefaçon en art, aux natures mortes et aux ekphrasis. Asking, une série de poèmes-essais sur l’art, la beauté et l’ekphrasis, doit paraître au printemps de 2014.

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