Phil Bergerson. Emblèmes et vestiges du rêve américain

Par Becky Rynor le 04 mars 2014

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Phil Bergerson, San Marcos, Texas (2006), impression couleur à jet d’encre à partir d’un négatif couleur. © Phil Bergerson. Reproduite avec l’autorisation de la Stephen Bulger Gallery, de l’artiste et du Ryerson Image Centre

L’approche créative du photographe canadien Phil Bergerson est un mélange d’archéologie et d’anthropologie combiné à un petit travail d’investigation et à une bonne dose d’empathie pour les marottes de ses semblables.  

« Je cherche des restes, des fragments, des choses qui sont autant de messages sur ce que sont les gens et sur ce qu’ils veulent dire, a-t-il affirmé à Magazine MBAC dans un entretien réalisé de chez lui, à Toronto. Parfois ils savent, mais souvent ils ne savent pas ce qu’ils le font. Je ramasse les objets que je trouve et je les organise, un peu comme on place des poteries en séquences pour exprimer des idées plus générales sur le sens de la nature humaine. »  

Selon lui, l’exposition que lui consacre en ce moment le Ryerson Image Centre de Toronto permet aux visiteurs de suivre ses traces « dans la mesure du possible », à mesure qu’il cerne son sujet. « La beauté de cette exposition, c’est qu’on peut simplement la visiter et voir comment je me rapproche de plus en plus d’un détail d’un élément de ce paysage social général. »

Phil Bergerson photographie et expose à l’échelle internationale depuis plus de 35 ans. Il passe le plus clair de son temps à sillonner en long et en large les routes des États-Unis pour tenter de définir « le rêve américain ».

« Tout le monde veut la recette du bonheur. Ça va dans deux sens. Le premier est un bonheur axé sur la consommation – le besoin de posséder plus pour être heureux. La seconde, ce sont ces gens qui s’efforcent de décider du sens de la vie, qui essaient d’en savoir plus sur la vie et sur eux-mêmes. C’est ça qui les rend heureux. Il y a donc un paradoxe amusant entre les jumelages des images qui parlent de ces deux sortes de quête du bonheur. »

La collection permanente du Musée des beaux-arts du Canada abrite quelque 80 photos de Bergerson. Les images de cet artiste sont des reflets de la ville moderne vue à travers ses rues, les vitrines de ses magasins et ses bâtiments abandonnés, sans oublier ses graffiti et ses pancartes porteuses d’épithètes religieuses, de ferveur patriotique ou de violence écrites à la main.

En temps normal, Phil Bergerson aurait lui-même organisé cette exposition. Cette fois-ci, il a pourtant choisi de confier ce rôle à son collègue et ami David Harris.

« Je crois que cela a donné de la clarté à son travail, indique David Harris. La structure de l’exposition nous emmène en quelque sorte visiter une ville américaine typique. On commence par la banlieue, puis on pénètre dans la ville, on explore les rues et les détritus sur les trottoirs. Ensuite, on se concentre sur les vitrines des magasins et sur la présentation des objets commerciaux, qui sont souvent des objets recyclés. Enfin, on s’approche pour mieux voir les détails de la vitrine du magasin. »

Décrivant l’exposition comme « un relevé topographique ouvert », David Harris ajoute qu’elle « semble dire qu’il y a moyen d’explorer une culture en se baladant de cette façon. On explore une ville américaine contemporaine en flânant, en repérant des choses, en observant et en faisant des liens. »

L’artiste soutient que son travail est une exploration motivée par la compassion. « Je ne me moque jamais de quelqu’un. J’essaie de m’identifier à ce que peuvent penser, même au plus profond d’eux-mêmes, les personnes qui ont fait ces choses, et qu’ils n’ont pas su exprimer. »

Phil Bergerson: Emblems and Remnants of the American Dream [Emblèmes et vestiges du rêve américain] est au Ryerson Image Centre de Toronto jusqu’au 13 avril 2014.


Par Becky Rynor| 04 mars 2014
Catégories :  Correspondants

À propos de l’auteur(e)

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Basée à Ottawa, Becky Rynor est journaliste et rédactrice en chef.

 

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