Le MACC fête la WorldPride 2014

Par Peter Zimonjic, Éditeur vidéo en chef et rédacteur de contenu, MBAC le 23 juin 2014

Attila Richard Lukacs, Coo coo ka-- choo, M. Robinson (1999), huile, émail et bitume sur toile. Collection de Salah Bachir et de Jacob Yerex. Photo : Toni Hafkenscheid

Le Musée d'art contemporain canadien (MACC) de Toronto souligne le festival LGBTQI WorldPride 2014 avec deux expositions d’œuvres créées en hommage aux idoles et aux tragédies survenues au plus fort de l’épidémie de sida, au début des années 1990, et à ses conséquences. Il pose aussi une question primordiale : quel est l’avenir de la culture gaie ? 

Axée sur les thèmes du corps, de la sexualité et de la moralité, Par amourParamour a été organisée dans le cadre de MBAC@, un programme du Musée des beaux-arts du Canada qui permet à ses partenaires d’utiliser sa collection pour créer leurs expositions.

« Tous les artistes exposés ici ont fait ou font partie d’une génération d’artistes gais devenus adultes sous la menace du sida – et les visiteurs s’en rendront compte, explique Jonathan Shaughnessy, conservateur adjoint de l’art contemporain au MBAC et commissaire de l’exposition.  L’idée est de trouver de la force, de trouver des raisons de vivre, d’avoir des pensées positives et de trouver le bonheur alors que les nouveaux adultes doivent affronter l’adversité et un sentiment aigu de la mortalité. »

Quatre artistes sont représentés dans cette exposition qui doit son titre à une œuvre de Jean-Luc Verna, Paramour 2010, un transfert au solvant sur placoplâtre monté sur bois.  Paramour 2010 travestit en un amant illicite, ou acte d’amour, la légendaire montagne du logo des studios de la société Paramount.  Facsimile, Part 1 [Facsimile, partie 1], de Stephen Andrew, est une série de 50 dessins à la mine de plomb représentant des hommes décédés au début des années 1990 de maladies liées au sida.

L’exposition propose aussi huit épreuves à développement chromogène tirés de la série de Robert Flack, Puissance souveraine, qui décrivent sur un fond de musique d’ambiance les sept chakras du corps. La bande audio a été composée expressément par Andrew Zealley pour accompagner les œuvres de cet artiste né à Guelph, en Ontario, en 1957, et décédé des conséquences au sida en 1993. Flack, qui a notamment collaboré au travail de General Idea, était à 30 ans à peine une étoile montante de la scène artistique de Toronto. Selon Jonathan Shaughnessy, le diagnostic a assombri son travail tandis que son intérêt pour la philosophie orientale le poussait à envisager sa propre mort sous de nouveaux angles : « Il essayait d’accepter le fait que son corps était une mécanique qui allait le lâcher. Il a commencé à s’interroger sur ce qui se passait quand le corps se défaisait ou  s’affaiblissait, à poser des questions comme : existe-t-il d’autres stades de conscience ici-bas qui permettent à l’esprit de nous sauver ? Il voulait transcender le corps d’une manière ou d’une autre parce que l’attaque subie par son corps était telle qu’il n’en réchapperait pas. »

Robert Flack, Jardin anatomique (1990–1991), épreuve à développement chromogène. Don de Audrey et Robert E. Flack, Brantford (Ontario), 1999. MBAC. © Audrey et Robert Flack

L’idée de voir au-delà du présent et d’imaginer une suite est aussi un thème prédominant de l’autre exposition du MACC, Over the Rainbow: Seduction and Identity [Au-delà de l’arc-en-ciel. Séduction et identité], qui réunit des œuvres de la collection particulière de Salah Bachir et Jacob Yerex. Présentée dans l’espace principal du musée en même temps que Par amour/Paramour, « Au-delà de l’arc-en-ciel » offre un premier panorama synthétisé de l’une des collections particulières les plus remarquables et les plus variées du Canada en présentant plus d’une centaine d’œuvres sur les 3 000 qu’elle compte.

« J’ai adopté le thème, ou l’approche, du ‘par-delà l’arc-en-ciel’, comme dans ‘aller au-delà de l’arc-en-ciel’, déclare David Liss, conservateur et directeur artistique du MACC. L’arc-en-ciel est un symbole de la culture et de la fierté gaies, mais en tant que société, je crois que nous voulons ou que nous devons surmonter toutes sortes de clichés associés à la culture gaie parce que les communautés gaies ou LGBT ne sont pas des masses indistinctes – d’où l’arc-en-ciel. » 

Salah Bachir est un mécène actif depuis longtemps à Toronto et ailleurs. Sa collection d’art, que David Liss qualifie d’éclectique, est plutôt motivée par la passion que guidée par une stratégie ou une esthétique particulière. Seront entre autres exposées des photos de vedettes associées à la culture gaie, dont celle d’Elizabeth Taylor prise par Annie Leibowitz, ainsi que des œuvres de General Idea, Stephen Andrews, Andy Warhol, Keith Haring, Attila Richard Lukacs et Herb Ritts.

Les deux expositions débuteront le 21 juin et s’achèveront le 17 août 2014.


Par Peter Zimonjic, Éditeur vidéo en chef et rédacteur de contenu, MBAC| 23 juin 2014
Catégories :  Expositions

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Peter Zimonjic, Éditeur vidéo en chef et rédacteur de contenu, MBAC

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