Le retour de Motet à quarante voix au Musée des beaux-arts du Canada

Par Becky Rynor le 07 janvier 2014
 

Janet Cardiff, Motet à quarante voix (2001), installation sonore à 40 pistes, installation aux dimensions variable. MBAC

L’installation de Janet Cardiff, Motet à quarante voix, a résonné avec un immense succès critique dans différents musées et lieux surprenants du monde entier, y compris aux Cloîtres du Metropolitan Museum of Art de New York et au Musée des beaux-arts de Winnipeg, mais rien ne vaut le retour à la maison. En effet, l’œuvre de la collection permanente du MBAC nous revient pour un court séjour et sera exposée dans la chapelle historique de la rue Rideau – un lieu qui, selon l’artiste canadienne, lui est parfaitement adapté – jusqu’en août 2014.

Comme l’explique Janet Cardiff à Magazine MBAC : « La chapelle a un son chaud parce qu’elle est entièrement en bois. Les églises ont été construites avec des grands arcs gothiques pour une raison acoustique, parce que leur réverbération spatiale convient parfaitement au chant humain. » Motet à quarante voix est une restitution de plus de 40 voix chorales, enregistrées séparément ou par groupes de trois, qui interprètent une version remaniée d’un motet du compositeur de la Renaissance anglaise Thomas Tallis (v. 1505–1585) vu comme sa plus célèbre composition, Spem in alium numquam habui [Mon espérance en nul autre que toi].

L’enregistrement est diffusé par 40 enceintes haute-fidélité posées sur des trépieds. Les visiteurs peuvent se déplacer de l’une à l’autre, s’asseoir au milieu de l’installation ou même s’allonger au sol et fermer les yeux pour mieux s’immerger dans cette expérience musicale universelle.

« La plupart des gens découvrent ce motet dans leur salon, avec deux haut-parleurs seulement, note Janet Cardiff. Même au concert, l’auditeur est assis à distance des voix. Les seuls à entendre la personne à côté d’eux chanter des harmonies différentes sont les interprètes.  Je voulais entrer dans la musique. »

L’Installation a été présentée dans différents musées, galeries et lieux d’exposition qui, selon l’artiste, offrent chaque fois une nouvelle expérience : « Chaque espace la modifie. Quand les cubes blancs sont trop petits, on n’entend que la musique. Sans fenêtre, disons qu’elle perd quelque chose. Le son se modifie. »

Janet Cardiff soutient aussi que le lieu influence nos réactions émotives. « Qu’elle provienne du plafond ou d’une fenêtre, la lumière a des effets physiques sur nous, et les conséquences sur nos émotions sont différentes si nous sommes dans un cube blanc éclairé avec une lumière fluorescente au plafond, avec un plafond moins haut. L’œuvre varie tellement selon le lieu. »

Le Musée des beaux-arts du Canada est heureux d’accueillir à nouveau Motet à quarante voix dans la chapelle du couvent de la rue Rideau. La chapelle a échappé à la démolition en 1972 et été inaugurée au Musée en 1988. Elle est aujourd’hui considérée comme un joyau unique et inestimable de l’architecture canadienne.


Par Becky Rynor| 07 janvier 2014
Catégories :  Expositions

À propos de l’auteur(e)

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Basée à Ottawa, Becky Rynor est journaliste et rédactrice en chef.

 

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