Photographie et Identité. Le festival de photo CONTACT Banque Scotia 2014

Par Peter Zimonjic, Éditeur vidéo en chef et rédacteur de contenu, MBAC le 29 avril 2014

Rodney Graham, L'amateur doué, le 10 novembre 1962 (2007). MBAC. Avec l'autorisation de l'artiste et la Lisson Gallery

Proclamé le plus grand événement du genre au monde, le Festival de photo CONTACT Banque Scotia débute le 1er mai à Toronto. Pendant un mois, des réjouissances exaltant le thème de l’identité réuniront plus de 1 500 artistes et devraient accueillir au bas mot un million de visiteurs sur les plus de 175 sites d’exposition et lieux publics de la ville.

« Il y a 13 expositions principales, explique Darcy Killeen, directeur général de CONTACT. L’une d’elles est celle du Musée des beaux-arts [du Canada] au Musée d’art contemporain canadien qui va avoir un immense succès. Elle est organisée par Bonnie Rubenstein, directrice artistique ici à CONTACT, et par Jonathan Shaughnessy, du Musée des beaux-arts du Canada. »

In Character, Self Portrait of the Artist as Another [Jouer un rôle. Autoportrait de l’artiste en quelqu’un autre] réunit des œuvres du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) et s’interroge sur la façon dont les artistes thématisent leur corps et leur image. Neuf photos mettent en scène des artistes qui interprètent des rôles en costumes de théâtre tout en restant parfaitement identifiables. 

Shelley Niro, L'écueil des 500 ans de marriage (1992). MBAC. © Shelley Niro

Citons Jonathan Shaughnessy, conservateur adjoint de l’art contemporain au MBAC : « Shelley Niro expose L’écueil des 500 ans de mariage, une photo d’elle lourdement maquillée, coiffée d’une perruque blonde et vêtue d’une robe blanche, comme pour évoquer – non sans humour et de façon un peu racoleuse – l’allure de Marilyn Monroe dans le film Sept ans de réflexion. Mais on voit bien que c’est Shelley Niro. » 

Il ajoute : « Marylin et Shelley Niro attirent l’attention sur leurs personnes, mais cette dernière joue sur l’invraisemblance d’être elle-même vue comme un symbole sexuel. L’image aborde aussi la question du regard masculin et la fréquence à laquelle les femmes – et très certainement les femmes autochtones – ont été représentées en photo comme des symboles sexuels ou des sujets photographiques, plutôt que comme des personnes responsables de leur propre image. »

Selon Jonathan Shaughnessy, Shelley Niro s’est occupée de la mise en scène et a appuyé sur le déclencheur de l’appareil, ce qui signifie qu’elle est en fait responsable de sa propre image. Toutes les photos de l’exposition jonglent sur de façon semblable sur le thème de l’identité et illustrent la façon dont les artistes se servent souvent d’eux-mêmes pour approfondir des notions liées à l’identité.

L’exposition a été montée grâce à un partenariat entre le MBAC et le Musée d’art contemporain canadien (MBAC@MACC). Cette entente annoncée en 2010 permet au MACC d’accéder aux collections du MBAC pour créer des expositions à Toronto. Deux autres musées ont signé une telle entente : l’Art Gallery of Alberta d’Edmonton et le Musée des beaux-arts de Winnipeg au Manitoba.

General Idea, En jouant au docteur (1991). MBAC. © General Idea Inc., 1991

Jonathan Shaughnessy poursuit : « C’est une grande exposition parce qu’elle réunit plusieurs photos mythiques, des photos qui ont été très populaires, dont certaines n’ont jamais été présentées à Toronto. Quant à notre rôle dans MBAC@MACC, nous nous estimons très privilégiés de pouvoir exposer au MACC des œuvres essentielles de notre collection, en collaboration avec le plus grand festival photo du monde. »

L’exposition de MBAC@MACC n’est que l’une des 13 manifestations artistiques principales de CONTACT cette année. L’exposition phare de cette année – Material Self: Performing the Other Within [Le moi concret. Jouer l’autre en soi], organisée par David Liss, directeur artistique du MACC, et Bonnie Rubenstein – est présentée dans l’espace principal du MACC. D’autres grands musées accueillent des expositions clé, dont le Musée royal de l’Ontario et le Musée des beaux-arts de l’Ontario. En outre, 34 expositions sont hébergées dans des plus petits musées et lieux d’exposition de la ville, et 144 expositions extérieures sont organisées un peu partout, aussi bien dans des salles de billard que dans des cafés-restaurants. Toutefois, ce seront peut-être les photos installées dans les lieux publics qui attireront le plus l’attention.

« En gros, le volet des installations publiques couvre toute la ville. Il y en a partout ; les gens en verront partout, note Darcy Killeen. Nos grands panneaux avec Rebecca Belmore sont vraiment géniaux et notre grande installation à l’aéroport international Pearson, qui met en vedette deux artistes, l’un italien et l’autre canadien, surplombe un passage de près d’un kilomètre. C’est vraiment une œuvre fascinante sur le thème de l’identité, qui utilise toutes sortes de photos différentes de type passeport. »

Le Festival de photo CONTACT Banque Scotia débute le 1er mai. Pour de plus amples renseignements sur les lieux d’exposition et les expositions ou pour voir un vaste choix de photos : scotiabankcontactphoto.com.


Par Peter Zimonjic, Éditeur vidéo en chef et rédacteur de contenu, MBAC| 29 avril 2014
Catégories :  Expositions

À propos de l’auteur(e)

Peter Zimonjic, Éditeur vidéo en chef et rédacteur de contenu, MBAC

Peter Zimonjic, Éditeur vidéo en chef et rédacteur de contenu, MBAC

Partagez cette page

Ajouter un commentaire

Commentaire

HTML autorisé : <b>, <i>, <u>

Commentaires

© 2013 Le Musée des beaux-arts du Canada. Tous droits réservés.

 2014