Faire défiler pour la galerie de photos
Kai Chan utilise des matériaux que l’on trouve à la maison (fil, papier d’aluminium, cure-dents, etc.) pour créer d’étonnantes sculptures textiles aux sensibilités minimalistes qui éveillent chez les spectateurs un sentiment d’émerveillement enfantin. L’artiste d’origine chinoise établi à Toronto tisse méticuleusement des matériaux trouvés dans des sculptures empruntant au nid et à la toile, explorant des concepts profondément personnels, mais largement accessibles, tels le vieillissement et les liens entre la mémoire, l’identité culturelle et le soi. Lizzy Hill, chroniqueuse à Halifax, rencontre Chan dans le cadre de la rétrospective qui souligne les 35 ans de création de l’artiste, La logique de l’araignée, organisée par Sarah Quinton. La tournée de cette exposition mise sur pied par le Textile Museum of Canada, en partenariat avec la Varley Art Gallery de Markham, se termine à Halifax, à la Saint Mary’s University Art Gallery.
Kai Chan, Mirage (2008), fil de soie et clous, 178 x 229 (variable) x 2 cm. Photo : Cheryl O’Brien
LIZZY HILL : Vous avez vu, pour la première fois depuis de nombreuses années, certaines pièces de l’exposition, puisqu’elles étaient entreposées. Qu’avez-vous ressenti en vous promenant dans cette rétrospective qui vous est consacrée ?
KAI CHAN : J’ai été ravi de constater à quel point elles sont bien conservées… J’ai été vraiment étonné – il y a un type de conversation entre les œuvres. Elles se parlent l’une l’autre.
LH : J’ai cru comprendre que votre travail est un véhicule pour expérimenter le passage du temps. En avançant en âge, diriez-vous que votre approche de la création a évolué pour faire écho à cela ?
KC : L’une des choses que je comprends, c’est que le processus est très important; [mes œuvres] ne sortent pas comme ça, de nulle part… Certaines des idées que j’ai peuvent avoir été en gestation depuis des années, mais j’ai appris que si elles n’émergeaient pas au moment précis où elles le devaient, alors il fallait mieux attendre.
LH : Ce qui me frappe le plus à propos de votre travail, et je pense que nous sommes nombreux à l’avoir remarqué, c’est que vous utilisez des matériaux très ordinaires, des objets tels du gazon séché et de vieux boutons, pour évoquer vraiment l’extraordinaire. Pourquoi cette préférence pour les matériaux ordinaires, que veut dire ordinaire pour vous ?
KC : J’ai grandi pendant la [Seconde Guerre mondiale], c’est pourquoi les matériaux sont très précieux. Nous recyclons beaucoup de choses. Personne ne jette quoi que ce soit, en fait, à moins d’absolue nécessité… Je ne pense pas que le matériau placé devant moi et qualifié d’« artistique » a quelque lien que ce soit avec moi; le bronze, par exemple, ne me concerne absolument pas. Et même la peinture, vous savez, l’huile n’est pas ma technique, je ne vois aucun lien. Mais j’ai commencé à me servir de textiles et à partir de là, j’ai cherché dans la cuisine des choses que je pourrais utiliser. C’est simplement une impression, mais [des matériaux ordinaires] placés au bon endroit ont beaucoup de choses à raconter sur mon existence, ce qui est plus important que de créer du soi-disant « art » que je ne comprends pas.
LH : Vous avez mené une vie très remplie avant de devenir artiste. Vous êtes né en Chine en 1940 et, comme vous l’avez dit, vous avez grandi pendant et après la Seconde Guerre mondiale, puis vous êtes devenu enseignant au secondaire. À quel point votre travail est-il autobiographique, un reflet de votre propre existence ?
KC : Oh, ce que j’ai vécu influe vraiment sur mon travail, parce que ce sont mes expériences qui me poussent à faire ce que je fais. Essentiellement, je pense que j’ai commencé si tard parce que je devais passer par toutes ces étapes avant de me trouver comme artiste. Même au cours des dix dernières années, j’avais encore beaucoup de doutes – non pas que je n’en ai pas aujourd’hui, mais j’ai plus de confiance qu’auparavant... J’ai assez de courage pour m’assumer.
Auteure dont les textes sont publiés à l’échelle internationale, Lizzy Hill est correspondante d’Akimbo à Halifax et rédactrice en chef de Visual Arts News, seul magazine du Canada atlantique à traiter en particulier du travail d’artistes en arts visuels.
Partagez cette page
Ajouter un commentaire
Désolé ! Un problème est survenu lors de la soumission de votre commentaire. Veuillez essayer à nouveau." Unique="False" CopyAcrossAllLanguages="False" Length="0
Commentaire
HTML autorisé : <b>, <i>, <u>
Afficher avec Facebook
Cliquez le bouton ci-dessous pour continuer.
Afficher avec Twitter
Cliquez le bouton ci-dessous pour continuer.
Commentaires
Désolé ! Un problème est survenu lors de la soumission de votre commentaire. Veuillez essayer à nouveau." Unique="False" CopyAcrossAllLanguages="False" Length="0