Don de dessins préparatoires d’Alex Colville à Bibliothèque et Archives du Musée des beaux-arts du Canada

Par Julie Nash, Adjointe à la conservation, projet Alex Colville, MBAC le 26 mai 2014

Alex Colville, Dormeur [étude no 2], 24 janvier 1974, encre, pigment sec et peinture sur papier vergé. Bibliothèque et Archives du Musée des beaux-arts du Canada, don d’Alex Colville, mai 2013 (COL-SKBK51.12)

Peu de temps avant sa mort, le 16 juillet 2013, le distingué peintre canadien Alex Colville (1920–2013) faisait don de quelque 3000 dessins préparatoires à la collection de Bibliothèque et Archives du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC). Les dessins étaient accompagnés d’une correspondance professionnelle et personnelle, dont des lettres échangées avec l’auteur et amateur d’art Lincoln Kirstein (1907–1996), ainsi qu’avec l’écrivaine et philosophe Iris Murdoch (1919–1999). Parmi les autres objets du don figurent journaux et agendas, photographies, diplômes et récompenses, vidéos, reproductions d’œuvres de Colville dans des livres et périodiques, coupures de presse et modèles en plâtre de pièces de monnaie et de médailles.

Les dessins préparatoires de Colville sont répartis entre 79 carnets, et une importante collection de plus de 1200 croquis autonomes complétant l'acquisition. À quelques exceptions près, ces dessins couvrent la période de 1945 à 1986, époque prolifique et déterminante dans la carrière de Colville. Il continuera bien après les années 2000 à tirer de ces dessins des peintures et des sérigraphies, et certains expriment des concepts ou des compositions auxquels il retournera tout au long de sa vie.

Alex Colville, Dormeur [étude no 1], 14 décembre 1973, encre sur papier vélin. Bibliothèque et Archives du Musée des beaux-arts du Canada, don d’Alex Colville, mai 2013 (COL-833)

Le don comprend des dessins préparatoires pour de nombreuses œuvres aujourd'hui dans la collection permanente du MBAC. C’est le cas des tableaux de jeunesse bien connus comme L’épreuve de natation (1958)et Vers l'Île-du-Prince-Édouard (1965), ainsi que d’œuvres plus tardives, dont la sérigraphie Fête champêtre (1984). Dans certains cas, les archives dévoilent le processus de création d’une œuvre, depuis la première étude rapidement esquissée jusqu'aux tracés méticuleux d'un simple détail. Certains dessins illustrent également les calculs géométriques et mathématiques si caractéristiques de l’artiste. Pour la sérigraphie Dormeur (1975), Bibliothèque et Archives du MBAC a maintenant en sa possession 23 études non reliées, ainsi que 34 dessins supplémentaires répartis dans six des carnets de Colville. À l’instar de nombre des autres pièces représentées dans cette acquisition, les dessins du Dormeur (MBAC 40528) illustrent l’éventail d’ébauches produites par l’artiste pour chacune de ses toiles ou sérigraphies.

Alex Colville, Dormeur (1975), sérigraphie sur carton Harumi, 47 x 57 cm; image: 43,3 x 55,3 cm. Musée des beaux‑arts du Canada, Ottawa. Don de Mira Godard, Toronto, 2000 (MBAC 40528)

La première connue pour Dormeur date de décembre 1973. Simple illustration à l’encre au dos d’un carte d’admission au MBAC, on y voit les éléments de base de la sérigraphie, c’est-à-dire une figure féminine se penchant vers un lit (COL-833). D’autres éléments de l’acquisition prouvent que Colville a continué à travailler à ce concept en janvier 1974, alors qu’il arrêtait la pose de la femme et commençait à situer la composition dans une de ses dispositions géométriques préférées, une étoile à cinq branches (COL-SKBK51.12). L’artiste retournera au projet en août 1974, et y reviendra périodiquement jusqu’en mars 1975, alors qu’on voit dans les encres et les aquarelles de nouveaux détails et le personnage debout déplacé au pied du lit. Le 5 avril 1975, le peintre a remis la femme à l’avant-plan, où elle guide notre regard vers le domaine intime de la chambre, occupée par le personnage titre de l’œuvre, la personne qui dort. Les autres dessins relatifs au Dormeur illustrent l’attention légendaire que portait Colville au détail, avec des études précises des pieds du dormeur, du lit et des rideaux à l'arrière-plan, le tout reprenant le cadre géométrique défini en 1974 (COL-841).

Alex Colville, Dormeur [étude no 3], 11 avril 1975, mine de plomb, encre et peinture sur papier vélin. Bibliothèque et Archives du Musée des beaux-arts du Canada, don d’Alex Colville, mai 2013 (COL-841)



Les dessins préparatoires de ce don à Bibliothèque et Archives du MBAC mettent en lumière le processus suivi par Alex Colville pour structurer une idée jusqu'à en faire un tableau ou une sérigraphie. Il travaillait à tous ses concepts avec une précision et un sens du détail exigeants, pratiques qui ont fait de lui l'un des artistes les plus célèbres et emblématiques du Canada.

Le projet de cataloguer le contenu du fonds Alex Colville a été généreusement appuyé par les Mécènes distingués de la Fondation du Musée des beaux-arts du Canada.


Par Julie Nash, Adjointe à la conservation, projet Alex Colville, MBAC| 26 mai 2014
Catégories :  Grands titres

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Julie Nash, Adjointe à la conservation, projet Alex Colville, MBAC

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