Electric Eclectics : le festival annuel qui brasse son, arts, mordus et plaisirs

Par Becky Rynor le 23 juillet 2013

Photo © Good Noise Photography

Les artistes Gordon Monahan et Laura Kikauka ne s’en font pas vraiment à la perspective d’accueillir plusieurs centaines de festivaliers sur leur ferme de Meaford, en Ontario, comme chaque mois d’août.

« Environ 1200 personnes passent au cours de la fin de semaine », explique Monahan, compositeur, artiste du son et des médias, et également lauréat du Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques 2013. « On peut héberger 30 personnes dans diverses dépendances sur la propriété. Les autres campent et peuvent se ravitailler auprès de commerces d’alimentation à proximité. »

Ce qui attire tout ce monde, c’est le festival de musique Electric Eclectics qui se tient au cours du week-end de la fête provinciale du mois d’août, et qui en est à sa huitième édition. Il s’agit d’un événement d’avant-garde, un véritable pèlerinage pour amateurs et musiciens en quête (ou déjà au fait) des dernières innovations sur le son en tant qu’art. Monahan, par exemple, est mondialement connu pour ses sculptures cinétiques, environnements sonores assistés par ordinateur, compositions complexes et installations vidéo. Disques platines résonants, qui lui a valu le Prix du Gouverneur général, fait appel à quatre disques d’aluminium, une corde de piano et de petits moteurs qui envoient des vibrations le long de la corde jusque dans les disques.

Au cours de la fin de semaine se côtoient DJ, performances musicales électroniques, expérimentales et fusion, installations artistiques, films et ateliers sur le son, dont un pour les enfants avec des percussions.

Photo © Good Noise Photography

« Je dirais que le nom est plutôt bien choisi, car c'est réellement éclectique, note le cofondateur Chris Worden. C'est un mélange de musique vraiment expérimentale, de musique bruitiste et d'art sonore. Et il y a des performances croisées qui ont suffisamment en commun avec la musique expérimentale ou assez d’éléments d’avant-garde pour qu’il soit justifié de les présenter ici. »

La programmation de cette année comprend The Gories, No Joy, Shelley Hirsch et Mary Margaret O’Hara, dont Worden dit qu’elle est « très respectée, une vocaliste et artiste canadienne unique en son genre. » Il présente The Gories comme un « groupe de garage de Detroit, sur le plan de l’expression. C’est à eux qu’on doit la renaissance de la musique de garage, à laquelle ils ont apporté une nouvelle esthétique ».

Michael Evans, ami de longue date, est un percussionniste de New York. Il participe à Electric Eclectics depuis les tous débuts.

« Ici, je suis cuisinier, artiste de spectacle, DJ entre les concerts et je donne des ateliers de percussion, précise-t-il. C’est comme des vacances actives pour moi. Beaucoup de travail, mais je rends ça agréable. Je cuisine pendant les deux ou trois jours qui précèdent le festival, et produis à tour de bras de 30 à 75 repas par jour pour les artistes, les interprètes, l’équipe et les organisateurs. »

« Le but est d’entretenir l’amitié, de trouver des façons de passer un bon moment et de créer dans le contexte de cette amitié, dit Monahan à propos du festival. On n’en fait pas un événement à part de nos vies sociales, au point qu’il devient en fait une extension de nos pratiques artistiques et sociales. »

Photo © Good Noise Photography

« Le but est d’entretenir l’amitié, de trouver des façons de passer un bon moment et de créer dans le contexte de cette amitié, dit Monahan à propos du festival. On n’en fait pas un événement à part de nos vies sociales, au point qu’il devient en fait une extension de nos pratiques artistiques et sociales. »

Le résultat est une fusion entre son et art sur fond de décor des quelque 40 hectares de la « Funny Farm ».

« Le festival a été conçu pour allier les performances sur scène et les installations avec l’expérience de la propriété elle-même, précise Worden. C’est un lieu unique, sur la pente ouest d’une petite montagne, surplombant la vallée. Les couchers de soleil sont magnifiques; et il y a une forêt où s’installent en général des DJ. Beaucoup d’installations finissent par être créées in situ. »

Monahan acquiesce : « C’est une excellente utilisation de la ferme. Et aujourd’hui, nous pouvons nous détendre et apprécier pleinement. Nous recevons un petit salaire pour l’organisation du festival, mais comme je le dis toujours, ça vaut surtout pour les retombées sociales. C’est un plus pour nos carrières artistiques. Plutôt que d’y être en tant qu’artistes, nous en sommes les organisateurs et présentateurs, ce qui nous fait porter un chapeau différent; ce faisant, nous nouons et approfondissons des contacts différents.

Le festival Electric Eclectics 2013 se tiendra du 2 au 4 août à Meaford, en Ontario, au nord-ouest de Toronto.

 


Par Becky Rynor| 23 juillet 2013
Catégories :  Grands titres

À propos de l’auteur(e)

Becky Rynor

Becky Rynor

Basée à Ottawa, Becky Rynor est journaliste et rédactrice en chef.

 

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