Le prix Sobey pour les arts se déplace au Musée des beaux-arts du Canada

Par Katherine Stauble, équipe MBAC le 04 février 2016

Il y a maintenant 15 ans, l’homme d’affaires et philanthrope Donald Sobey faisait part de son idée de parrainer un prix artistique à Pierre Théberge, alors directeur du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC). À l’époque, Sobey était président du conseil d’administration du MBAC, et en voie d’acquérir de solides connaissances en art contemporain. Théberge a accueilli la proposition avec enthousiasme, et au cours des mois qui ont suivi, tous deux ont travaillé à élaborer un plan, avec notamment le choix du groupe cible (les artistes canadiens de 40 ans et moins), la valeur des prix (à l’origine, ils totalisaient 70 000 $) et le choix de l’institution organisatrice (le Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse; MBANE).

Aujourd’hui, alors que la Fondation Sobey pour les arts cherche à accroître son rayonnement sur le plan national comme international, le prix Sobey pour les arts se déplace au MBAC.

 

Bernard Doucet, Rob Sobey, Donald Sobey et Michel de Broin, lauréat du prix Sobey pour les arts 2007, devant sa sculpture monumentale Majestic, installée sur la pointe Nepean derrière le Musée des beaux-arts du Canada (2011)

Rob Sobey, fils de Donald et président de la Fondation Sobey pour les arts, qui finance le prix, a qualifié cette évolution d’« étape suivante logique » dans le processus de développement de ce qui est devenu le plus important prix en art contemporain au Canada. Au téléphone depuis Halifax, en Nouvelle-Écosse, il précise : « Nous avons une relation d’une telle qualité avec notre partenaire fondateur, le Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse. C’est vraiment grâce à lui que nous avons gagné en vigueur. »

Amener le prix dans une institution nationale aidera la Fondation à réaliser l’un de ses objectifs fondamentaux, celui visant à soutenir l’art contemporain à travers le pays. « Avec notre vocation nationale, nous souhaitons rehausser la notoriété générale du Prix, dit Rob Sobey. Nous espérons offrir une programmation enrichie et gagner de nouveaux publics à l’art canadien. Nous pensons pouvoir mettre à profit les relations du MBAC pour créer l’engouement autour des artistes canadiens et amplifier la conversation partout dans le monde. »

 

Cérémonie gala du prix Sobey pour les arts 2013, Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse. Photo : Steve Farmer. Avec l’autorisation du MBANE

À Ottawa, Josée Drouin-Brisebois, conservatrice principale de l’art contemporain au MBAC, fait écho aux réflexions de Sobey. « C’est une occasion magnifique, déclare-t-elle en entrevue. Le prix Sobey pour les arts est reconnu au Canada, mais pas tant que cela à l’extérieur du pays. Je pense donc que travailler de concert avec le MBAC aidera grandement à renforcer la visibilité de ces artistes. »

Le MBAC prendra en charge toute la logistique assurée jusqu’à présent par le MBANE : lancer l’appel à candidatures, organiser la sélection et le travail du jury, monter une exposition des œuvres finalistes et présenter un gala de remise des prix. Beaucoup de détails demeureront inchangés, notamment le calendrier et la représentation régionale (les artistes figurant sur la liste préliminaire et sur la liste des finalistes sont choisis dans chacune des cinq régions canadiennes). Parmi les changements, on envisage l’ajout d’un membre du jury étranger et un programme éducatif enrichi. « L’autre occasion qui s’offre à nous, ajoute Drouin-Brisebois, est de mettre en valeur le travail de ces artistes canadiens dans nos magnifiques espaces d’exposition. »

 

Duane Linklater, lauréat 2013, devant Tautologie (détail), 2011–2013, sa suite de cinq sculptures au néon représentant l’oiseau-tonnerre, présentée dans le cadre de l’exposition du prix Sobey pour les arts 2013 au Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse. Photo : Steve Farmer. Avec l’autorisation du MBANE

Entre-temps, la Fondation Sobey pour les arts continuera à doter le Prix et à superviser sa gouvernance générale. « Nous faisons le bilan de temps à autre, affirme Rob Sobey, pour voir ce qui fonctionne ou pas. »

La famille Sobey possède une remarquable tradition de philanthropie, non seulement dans le domaine de l’art, mais aussi en matière de santé, d’éducation et d’aide à la collectivité. Elle a créé la Fondation Sobey et la Fondation Sobey pour les arts en 1982, et soutient généreusement et de longue date le MBAC.

Le prix Sobey pour les arts totalise aujourd’hui 100 000 $ : 50 000 $ sont versés au lauréat, 10 000 $ à chacun des finalistes, et 500 $ à chacun des artistes figurant sur la liste préliminaire. Sous la direction avisée de Ray Cronin, ancien directeur du MBANE, et de Sarah Fillmore, sa conservatrice en chef, le prix a grandi en importance depuis sa première édition en 2002. Parmi les anciens lauréats, on compte Brian Jungen, Annie Pootoogook, Michel de Broin, David Altmejd, Nadia Myre et, récemment, l’artiste torontois Abbas Akhavan.

  

Abbas Akhavan, Fatigues (2014), cerf de Virginie empaillé. Photo : Steve Farmer. Avec l’autorisation du MBANE

Ce dernier, d’origine iranienne, explore, dans diverses techniques, les notions d’hospitalité et d’hostilité dans des environnements liés à la sphère domestique. Son œuvre Fatigues (2014), installée dans le cadre de l’exposition du prix Sobey pour les arts au MBANE et présentée auparavant à la Biennale de Montréal, est constituée d’animaux empaillés et mis en scène dans l’espace d’exposition. Tous sont des victimes de leur rencontre avec l’être humain, notamment des oiseaux tués en fonçant dans des gratte-ciel, un cerf abattu à la chasse et un renard frappé par une voiture.

Le Prix étant généralement un accélérateur de carrière, Akhavan peut raisonnablement s’attendre à crouler sous les courriels dans les mois à venir. Même la liste préliminaire, d’après Rob Sobey, est devenue « la liste de courses annuelles pour tous les amateurs d’art contemporain ».

 

Daniel Young et Christian Giroux, Every Building, or Site, that a Building Permit was Issued for a New Building in Toronto in 2006 [Tous les bâtiments, ou sites, pour lesquels un permis de construction neuve a été délivré à Toronto en 2006] (2008), MBAC

Pour Daniel Young, qui en a partagé les honneurs en 2011 avec Christian Giroux, l’un des grands avantages du Prix est qu’il nourrit le dialogue sur l’art à l’échelle nationale, en particulier grâce à l’accent mis sur les régions. « Avoir cette attention, la reconnaissance qu’apporte le fait de gagner un prix que tant d’artistes fabuleux ont remporté, est quelque chose d’extraordinaire », confie-t-il au téléphone depuis Berlin, où il passe la moitié de l’année. « Mais le plus intéressant a sans doute été l’échange d’idées créé entre les régions. »

Les visiteurs du MBAC peuvent donc continuer à suivre cet échange d’idées entre des artistes parmi les plus talentueux et inventifs au Canada.

Visitez beaux-arts.ca/sobey pour connaître les prochaines nouvelles concernant le prix Sobey pour les arts dans les mois à venir, avec notamment l’annonce des artistes de la liste préliminaire et de la liste des finalistes ce printemps et le dévoilement du nom du lauréat lors du gala le 1er novembre 2016. L’exposition soulignant le travail des finalistes ouvrira ses portes au Musée des beaux-arts du Canada le 6 octobre 2016.



Par Katherine Stauble, équipe MBAC| 04 février 2016
Catégories :  Grands titres|Artistes

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