Christ to Coke: How Image Becomes Icon [Du Christ au Coke. Comment l'image devient emblème]]

Par Jonathan Franklin, Chef, Bibliothèque, Archives et Programme de bourses de recherche, MBAC le 04 mars 2013

Photo : Avec l'autorisation de l'Oxford University Press

Martin Kemp est surtout connu en tant que spécialiste de Léonard de Vinci et partie prenante de l’authentification parfois controversée de deux « découvertes » attribuées au maître ces dernières années, dont La belle princesse. Alors, qu’est-ce qui peut bien l’amener à écrire sur la bouteille de Coca-Cola ? Avec ce livre, il entreprend en fait d’expliquer, comme l’indique le sous-titre, comment les images deviennent emblèmes, et ce, au travers de 11 images symboliques (quoique la 11e soit la formule mathématique E=mc2).

Et, on l’aura deviné, Mona Lisa fait partie des images qu’il scrute au microscope. Comme une des autres est la structure en double hélice de l’ADN, je m’attendais à trouver une référence à l’impressionnant escalier à double révolution du château de Chambord en France, que certains estiment de la main de Vinci; mais le professeur Kemp ne doit pas compter parmi eux, puisque cet ouvrage n’est pas mentionné dans le livre.

Il débute avec l’image de Jésus Christ lui-même, et décrit l’évolution graduelle d’un type facial par le truchement de portraits surnaturels, comme le voile de sainte Véronique et le suaire de Turin. Cette histoire fascinera à coup sûr quiconque a déjà vu l’œuvre intitulée Casting Jesus [Audition pour Jésus], de Christian Jankowski, acquise récemment et présentée par le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC). Et, quand Kemp entreprend de faire la lumière sur les raisons exactes du caractère à la fois bouleversant et efficace d’une célèbre photographie récompensée par le prix Pulitzer, celle, prise par Nick Ut en 1972, de la petite Vietnamienne de neuf ans Kim Phuc, qui vit aujourd’hui au Canada, fuyant une attaque au napalm, sa perspective de professeur d’histoire de l’art est précieuse; l’explication est là, dans un livre de 1432, De la peinture, écrit par Leon Battista Alberti.

Une question à se poser à propos des images emblématiques est jusqu’à quel point elles deviennent sources de motivation, que ce soit par accident ou à dessein (Vénère-le ! Vote pour lui ! Achète ça !). Il y a sans conteste une bonne dose de vérité dans l’affirmation de Kemp, selon laquelle « toutes les grandes causes sont dans une certaine mesure à la recherche d’une image forte qui permettrait de les définir » (beaucoup espéreront en vain, aurait-il pu ajouter), même si la tentative dans le dernier chapitre de mettre le doigt sur les caractéristiques communes à toutes ces images donne le sentiment d’être un peu laborieuse.

Le texte est néanmoins enlevé, grâce à de nombreuses touches personnelles, des souvenirs d’enfance, comme les grognements du lion de la MGM au cinéma, et des digressions savoureuses – impossible maintenant de voir une image de Che Guevara sans se rappeler que Mme Che préférait qu’il ne boutonne pas ses treillis de combat de façon trop ajustée, à cause de son asthme. Et, pour ce qui est de la bouteille de Coca-Cola, qui savait que ces célèbres lignes nervurées et plantureuses n’imitaient ni la forme de la feuille de coca ni celle de la noix de kola, mais plutôt celle de la fève de cacao, à cause d’une recherche plutôt sommaire effectuée par le concepteur de la bouteille à la bibliothèque publique locale, en 1915 ?

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Par Jonathan Franklin, Chef, Bibliothèque, Archives et Programme de bourses de recherche, MBAC| 04 mars 2013
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