Vitamin D2: New Perspectives in Drawing [Vitamine D2. Nouvelles perspectives en dessin]

Par Équipe Magazine MBAC le 21 mai 2013

 

Photo : Avec l'autorisation de Phaidon Press

Comme dans les quatorze vers d’un sonnet, quelques coups de crayon peuvent contenir l’immensité.

Laura Knight (1877–1970)

Dans le monde de l’art, le dessin est souvent perçu comme la demoiselle d’honneur et la peinture, comme la mariée. Le plus récent ouvrage de Phaidon, Vitamin D2: New Perspectives in Drawing [Vitamine D2. Nouvelles perspectives en dessin], met le dessin en vedette, sans le lier à la peinture. Le résultat est un livre impressionnant, avec ses quelque 500 illustrations, qui ferait, quand on y pense, un superbe cadeau de mariage.

Phaidon a inauguré sa série Vitamin il y a plus de dix ans, chaque épisode représentant une étude globale de la pratique contemporaine dans un même genre artistique. Jusqu’à maintenant, l’éditeur a traité du dessin, de la photographie, de la peinture, du design et de l’architecture durables, de la sculpture et de l’installation.

Vitamin D2, second opus sur le dessin, porte surtout sur des œuvres réalisées depuis 2005 par 115 artistes établis, vedettes émergentes et créateurs dont la contribution au dessin pendant cette période est à souligner. On se trouve devant un panorama révélant la riche diversité de cette pratique aujourd’hui, en termes d’approche, de technique et d’utilisation des matériaux.

Les pièces de Vitamin D2 repoussent les frontières : scènes méticuleusement reproduites ou explorations abstraites, rendus au crayon, fusain, pastel, encre, aquarelle et même numérique. En tournant les pages, regardant ce que je croyais être une photographie, un collage, une sculpture et, oui, je dois l’avouer, une peinture, je me disais sans cesse : « Ce n’est pas un dessin. Il ne peut s’agir d’un dessin ! »

Les artistes ont été choisis par des critiques et des conservateurs de partout dans le monde. La Canadienne Shuvinai Ashoona (née en 1961), de Cape Dorset, a été retenue; deux de ses dessins inventifs au crayon de couleur et à l’encre sur papier apparaissent dans l’ouvrage. En passant, les visiteurs du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) cet été auront aussi la chance de voir La terre et le ciel, œuvre à la plume et encre noire, crayon de couleur, mine de plomb, collage et cristaux de verre sur papier vélin, une collaboration de Shuvinai Ashoona et John Noestheden. Impossible de le manquer. Littéralement. La terre et le ciel a été reproduit sous forme de bannière de 50 mètres suspendue à la colonnade du Musée dans le cadre de Sakahàn. Art indigène international, à l’affiche du 17 mai au 2 septembre. Le dessin original, plus petit, est présenté dans les salles d’expositions temporaires.

Shuvinai Ashoona et John Noestheden, Terre et Ciel (2013), bannière, épreuve numérique sur polyester, 298 x 5184 cm. Installation exécutée sur place, MBAC. © Dorset Fine Arts et John Noestheden

Le travail d’Aurel Schmidt (née en 1982), originaire de Kamloops, en C.-B., figure également dans Vitamin D2. Schmidt, qui habite maintenant à New York, crée des dessins hyper détaillés où se mêlent comique et tragique ou grotesque, dureté et délicatesse : une femme aux longs cheveux blonds dont le visage et le haut du torse sont faits de mégots de cigarette, bouchons de bouteille et billets verts roulés; bonhomme allumettes dont le corps est une bouteille de médicaments sur ordonnance; bouquet de fleurs dans une cannette de bière écrasée sur lequel un papillon est posé. Plonger dans l’univers de Schmidt est déconcertant, mais sa technique est impressionnante.

Vitamin D2 est organisé par ordre alphabétique et présente des résumés sur chaque artiste, ce qui en fait un outil de référence facile à utiliser. Il comprend également une introduction fouillée de Christian Rattemeyer, conservateur associé pour les dessins au MoMA.

Esthétiquement, le livre est lui-même un objet d’art, avec son design, sa texture, son poids, son papier aux bords non massicotés. Cette exploration du dessin contemporain actuel serait un atout pour toute bibliothèque d’art et s’inscrit sans contredit dans la catégorie des beaux livres. Et surtout, Vitamin D2 stimule la créativité tant des artistes que des amateurs, donnant au dessin les titres de noblesse auxquels il a droit.

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Par Équipe Magazine MBAC| 21 mai 2013
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