Installation de Le court de Brian Jungen

Par Peter Zimonjic, équipe MBAC le 06 décembre 2012

L’œuvre de Brian Jungen installée dans les salles d’art contemporain, Le court, a été offerte au Musée des beaux-arts du Canada par l’homme d’affaires et collectionneur d’art de Vancouver Bob Rennie. La collection Rennie qu’abrite aujourd’hui l’immeuble Wing Sang, dans le quartier chinois, est l’une des plus grandes et des plus importantes collections canadiennes d’art contemporain au Canada. Outre la direction de cette collection, M. Rennie assure la présidence du comité nord-américain des acquisitions du Tate Modern et siège au Tate International Council, au conseil des gouverneurs de l’Emily Carr University of Art & Design de Vancouver et au conseil consultatif du doyen de la Faculty of Arts de l’University of British Columbia. M. Rennie a pris le temps de nous parler de cette œuvre et de l’importance de soutenir et de collectionner l’art au Canada.

Qu’est-ce que vous aimez chez Brian Jungen ?

Notre musée de Vancouver collectionne les œuvres d’environ 210 artistes, mais il s’intéresse tout particulièrement à 47 d’entre eux, dont Brian avec lequel nous travaillons depuis longtemps. Les œuvres que nous accueillons doivent être en phase avec la production de l’artiste ou avec d’autres éléments de la collection Rennie, et la démarche de Brian s’inscrit tout à fait dans le contexte identitaire de notre collection qui traite souvent de questions de race, d’injustice et de préjugés. En fait, ces thèmes ont tendance à occuper une grande place dans notre collection.

De quelle façon ces thèmes sont-ils abordés dans Le court ?

De façon subtile. Devant ces tables de machines à coudre, on se met à penser à leur fonction et à réfléchir à ce qui s’y est passé. Bien qu’aucune norme sociale n’ait été transgressée, il reste que la fabrication de tenues de joueurs de basketball millionnaires ou multimillionnaires est un travail très dur. Le court exprime la réalité ou le mythe voulant que des enfants aient dû travailler pour fabriquer des baskets d’athlètes professionnels devenus des monuments de notre culture, et ce contraste d’idées cadre tout à fait avec notre vision.

Pourquoi donner une œuvre qui semble avoir tant d’importance pour votre collection ?

Ses dimensions mêmes font que je ne pourrais sans doute pas l’installer plus d’une fois tous les 20 ans. Et quand je pense à nos responsabilités en tant que gardiens de ces œuvres, je me dis seulement qu’elle devrait peut-être être conservée dans un environnement plus sûr, où elle sera exposée. Comme le Musée des beaux-arts s’intéresse déjà de près à Brian, je crois qu’elle y a vraiment sa place. Sans compter que je suis un fan fini de Marc Mayer [directeur du MBAC] et de ce qu’il fait pour mon pays. Cet élément a aussi facilité notre décision.

Qu’est-ce que vous aimez du mode de gestion du Musée de Marc Mayer ?

Je note qu’il comprend parfaitement les pratiques de conservation et qu’il fait des acquisitions difficiles, ce qui a une importance primordiale pour un musée national. En un sens, les musées vivent de leurs similitudes et sont tous des musées, mais ils finissent tous par se faire connaître pour leurs différences. Je crois que le Musée des beaux-arts du Canada a le devoir de couvrir une époque et qu’un retour sur cette époque doit permettre de savoir ce qui s’y discuté, et c’est une chose à laquelle Marc est attentif.

Pourquoi dites-vous qu’il est important que des collectionneurs comme vous fassent des dons de ce genre ?

Avant la crise de septembre 2008, nous étions dans une économie de don et de philanthropie complètement différente ; depuis septembre 2008, impossible de rien prévoir. Il est devenu très, très difficile d’amasser des fonds pour les musées et de gérer les dons, et pour cette raison, je crois que les collections d’art vraiment prestigieuses doivent maintenant se construire aux frais des collectionneurs. Par exemple, le budget d’acquisition annuel du Musée des beaux-arts du Canada est de 8 millions de dollars, ce qui ne représente malheureusement pas grand chose dans le monde de l’art contemporain et rien dans le monde de l’art pré-contemporain. Nous avons besoin de l’aide des collectionneurs.


Par Peter Zimonjic, équipe MBAC| 06 décembre 2012
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